Saviez-vous que "hystérie" et "utérus " ont la même origine linguistique ?

Moi, je l’ai découvert il y a 2 mois lorsque la chirurgienne (je ne sais pas si ce terme existe mais c’est un billet féminin, alors allons jusqu’au bout !) m’a annoncé que par précaution, il serait sage d’envisager une hystérectomie (ablation de l’utérus) et une ovariectomie (ablation des ovaires). Ma première réaction fut de penser qu’après m’avoir enlevé, il y a 22 ans, la sagesse située dans mes dents, est-ce que le fait de de supprimer maintenant l’hystérie de mon utérus remettrait le compteur à zéro ? Je n’ai pas encore de réponse.

Bref, pour en revenir à mon sujet. Mon utérus était problématique, sans que ce soit grave, depuis plusieurs années. On l’enlève, on ne l’enlève pas, on fait un traitement, on n’en fait pas, on attend la ménopause, on n’attend pas . . . je vivais avec, sans plus.

Pour les ovaires, c’est une autre histoire. En juin dernier, un secret de famille a explosé : plusieurs femmes de ma lignée maternelle avaient eu ou étaient proches d'avoir un cancer de l’ovaire. Pour rappel, le cancer de l’ovaire est parmi les plus détestables qu’il soit car impossible à diagnostiquer. Ni les marqueurs, ni une échographie ne peut le déceler. Il est uniquement détectable lorsqu’ il est en phase terminale. C’est-à-dire trop tard. Une grand tante en est morte. Ses filles ont dû se faire ôter l'utérus et les ovaires. Ma mère a eu beaucoup de chance et a pu être opérée, complètement par hasard, à temps. C’est d’ailleurs son opération, en juin, qui a déclenché la communication familiale . Quand je pense que dans tous les questionnaires médicaux, à la question " avez-vous des antécédents familiaux ayant eu un cancer ? " je répondais toujours par la négative ! La situation a quelque peu changé depuis juin . . .

Mon opération a eu lieu le mardi 17 novembre. Je suis rentrée à la maison le vendredi 20. Le protocole de convalescence est 1 mois d’arrêt maladie, dont 2 semaines sans sortir, sans porter de poids, pas d’escalier . . . Avant l’opération, j’avais pensé : chouette, 2 semaines sans sortir, je vais pouvoir enfin classer tranquillement mes papiers administratifs. Pensée au mieux, naïve, au pire, complètement idiote. Car 1) je travaille déjà à domicile et 2) j’ai le même niveau d’énergie qu’une serpillère. Contre coup de l’anesthésie,  chute brutale des hormones . . . Je dors 12 heures par nuit, je fais une sieste avant et après le déjeuner, je me traîne à petits pas . . . Il y a 3 jours, j’ai réussi à vider le lave-vaisselle toute seule, youpi !!! Ce fut l’évènement de la journée, que dis-je, de la semaine !!! Aujourd’hui, j’ai attaqué le lave-linge et le sèche-linge. C’est bon, j’ai gagné ! Heureusement que ma mère est là pour gérer la maisonnée car sans elle, ce serait la panique totale.

Cette fatigue va, bien sûr, petit à petit disparaître et je sais que je vais recouvrer mes forces mais surtout, je suis soulagée que tout cela soit maintenant derrière moi. Je suis aussi consciente qu’il faudra surveiller, faire des contrôles réguliers, car, oui, j’ai des antécédents familiaux de cancer et je dois dorénavant vivre avec cela. Un avantage ? J’aurai un protocole de suivi maintenant adapté à ma situation réelle.

Si j’ai un message à faire passer, ce sera celui-ci : le cancer n’est pas une maladie honteuse. Il faut en parler. Cela peut sauver des vies.

Merci, maman !

 

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